Nouvelle colère publique

Dimanche soir, Donald Trump a encore fait parler de lui sur les réseaux qu'il utilise. Cette fois, sa cible principale était la Cour suprême, qu'il a qualifiée d'organisation politique « instrumentalisée » et injuste. Son message mettait en avant son mécontentement après une décision récente qui limitait sa capacité à imposer des tarifs unilatéraux.

Ce que la Cour a fait pour lui — et ce qui a changé

Il est important de rappeler que la Cour suprême n'a pas toujours été l'ennemie de Trump. Plusieurs décisions antérieures ont favorisé des pans importants de son action :

  • les juges ont bloqué des tentatives d'états pour l'empêcher d'être sur la liste électorale de 2024;
  • la Cour a adopté une lecture large de l'immunité présidentielle, ce qui a affaibli certaines procédures pénales contre lui;
  • des arrêts ont permis au pouvoir exécutif d'exercer une plus grande emprise sur des agences et d'entraver certaines protections juridiques pour des non-citoyens;
  • et la Cour a parfois validé des mesures qui ont simplifié sa gestion de dépenses et d'autorités administratives.

Mais la décision récente au sujet des tarifs, rendue en février, a clairement réduit sa marge de manœuvre. Depuis, Trump se focalise sur ce jugement et multiplie les critiques publiques.

Un mélange de vraies frustrations et d'inexactitudes

Ses attaques touchent d'autres cibles aussi : les médias, la Réserve fédérale et même la Federal Communications Commission. Il a salué des menaces de retrait de licences pour des stations de radio et de télévision qui, selon lui, disent du mal de la position américaine sur le conflit en Iran. Il a aussi déploré de ne pas pouvoir forcer la Fed à baisser les taux comme il le voudrait.

Cependant, plusieurs des affirmations qu'il relaie au sujet des décisions judiciaires ne correspondent pas aux faits. Par exemple, la Cour n'a pas validé son projet alternatif de réimposer des tarifs ni rendu certains avis que Trump prétendait avoir reçus sur d'autres dossiers. Pourtant, il persiste à présenter ces décisions comme des attaques personnelles.

Il a même reconnu que son attaque contre la Cour pourrait lui causer des problèmes, mais a dit se sentir obligé de « dire la vérité » selon lui.

Des fronts perdus qui s'accumulent

La colère contre la Cour n'est qu'un signe parmi d'autres de la faiblesse apparente de l'administration sur plusieurs dossiers :

  • Le conflit en Iran a déstabilisé les marchés, fait monter les prix de l'essence et provoqué des pertes humaines chez des soldats américains, ce qui inquiète l'opinion publique.
  • Ses tentatives pour diminuer l'attention portée au réseau de trafic sexuel lié à Jeffrey Epstein ont déclenché des enquêtes et un examen approfondi du Congrès.
  • Au sein de la coalition MAGA, les divisions émergent, certains alliés s'éloignent et s'accusent mutuellement d'être instrumentalisés par des intérêts extérieurs.
  • Des projets républicains visant à modifier les règles électorales et à redessiner des circonscriptions peinent à avancer, tandis que l'opinion publique montre des signes d'insatisfaction sur l'économie et les politiques d'immigration.

Échecs juridiques du ministère de la Justice

Sur le plan judiciaire, le ministère de la Justice a aussi enchaîné des revers. Des poursuites visant des figures comme l'ancien directeur du FBI James Comey, la procureure générale de New York Letitia James, et plusieurs élus démocrates n'ont pas abouti. La dernière déconvenue en date est l'annulation par un juge fédéral d'une assignation du grand jury visant le président de la Fed, Jerome Powell.

Le rôle du juge James Boasberg

Le juge James Boasberg, nommé sous l'administration précédente, a rendu une décision marquante en jugeant que la procédure contre Powell ressemblait à une tentative de harcèlement visant à le punir pour son refus d'accélérer la baisse des taux. Cette intervention a servi de point d'orgue à une série de défaites judiciaires de l'administration.

La relation entre Trump et Boasberg remonte à 2023, et s'est tendue davantage lorsque le juge a aussi limité des expulsions rapides de ressortissants vénézuéliens que l'administration voulait exécuter.

La riposte publique

En réaction, Trump a multiplié les insultes et les attaques verbales contre Boasberg, l'accusant d'hostilité envers lui et ses collaborateurs, et demandant des sanctions disciplinaires contre plusieurs magistrats. Le ton de ses messages montre qu'il vit mal ces limites juridiques et institutionnelles à son pouvoir.

En bref : après une série de décisions judiciaires et d'échecs politiques, Trump hausse le ton publiquement, mais ces explosions verbales ne règlent pas les problèmes concrets qui s'amoncellent autour de son administration.