Une nouvelle attaque contre le vote postal

Donald Trump a signé un ordre exécutif destiné à restreindre le vote par correspondance, en pleine montée en puissance de la campagne pour les élections de mi-mandat. Les républicains présentent cette mesure comme une façon de renforcer l’intégrité du scrutin. Les démocrates, eux, y voient surtout un moyen de compliquer la vie d’électeurs pourtant parfaitement éligibles.

Le geste du président intervient alors qu’il répète depuis des années, sans preuve, que le vote par courrier serait peu fiable et exposé à la fraude électorale. Une position qu’il défend avec un enthousiasme certain, même s’il a lui-même voté par correspondance la semaine dernière. La cohérence, dans ce dossier, reste manifestement optionnelle.

Menace de recours et bras de fer politique

Peu avant la signature, l’avocat électoral Elias a prévenu sur les réseaux sociaux que si Trump signait un ordre exécutif jugé anticonstitutionnel pour prendre le contrôle du vote, une action en justice serait lancée. Il a ajouté qu’il ne bluffait pas et qu’il remportait généralement ce type de dossier.

Pendant la cérémonie de signature, Trump a balayé par avance toute contestation. Il a affirmé ne pas voir comment une telle mesure pourrait être remise en cause, tout en évoquant la possibilité qu’un « juge dissident » bloque le texte. Selon lui, ce serait alors une affaire d’appel, avec l’espoir que l’administration l’emporte au final.

Ce que prévoit l’ordre

Le décret demande au département de la Sécurité intérieure, en coordination avec la Sécurité sociale, d’établir une liste approuvée d’électeurs autorisés à recevoir des bulletins de vote par correspondance. Le service postal américain serait ensuite chargé de n’envoyer des bulletins qu’aux personnes inscrites sur cette liste.

Le texte ordonne aussi à la ministre de la Justice, Pam Bondi, d’enquêter sur toute personne qui distribuerait à tort des bulletins de vote par courrier. Il prévoit en outre de couper les financements fédéraux aux États qui ne se conformeraient pas à ces exigences.

Un écho au projet de loi SAVE America

Cette initiative rappelle le projet de loi SAVE America, soutenu par les républicains, déjà adopté à la Chambre des représentants et toujours examiné au Sénat. Trump pousse depuis des mois le Congrès à adopter ce texte, même si ses chances d’aboutir restent faibles pour le moment.

Le projet exigerait une preuve documentaire de citoyenneté pour s’inscrire sur les listes électorales et inciterait les États à retirer plus agressivement les non-citoyens des fichiers d’électeurs. En attendant, le président a choisi d’avancer par décret, parce que les voies plus ordinaires semblent, semble-t-il, manquer de panache.