Un titre de division attendu depuis trop longtemps
Les Pistons de Detroit sont de nouveau champions de division. Mardi 31 mars, ils ont battu les Raptors de Toronto 127-116 à domicile pour s’assurer la Division centrale, avec huit victoires d’avance sur les Cavaliers de Cleveland alors qu’il ne restait plus que six matchs à jouer.
C’est le 11e titre de division de l’histoire de la franchise, et le premier depuis 2008. À l’échelle du club, cela faisait 6 577 jours qu’aucun trophée n’avait été soulevé. Oui, même en NBA, le temps passe vite quand on ne gagne pas assez.
« On respecte à quel point c’est difficile à faire dans cette ligue », a expliqué l’entraîneur J.B. Bickerstaff. « Avoir un groupe de jeunes joueurs qui grandissent ensemble et atteignent ce type d’étapes, ça fait partie du processus. On en attend davantage, mais c’est important pour ce groupe et pour l’organisation d’être revenus dans cette position, parce qu’on ne peut pas viser plus haut sans passer par ces étapes. »
Une saison déjà pleine de marqueurs
Ce succès coïncide avec la 55e victoire des Pistons cette saison, ce qui leur donne seuls la quatrième meilleure saison de l’histoire de la franchise en nombre de victoires. Avec six matchs restants, ils peuvent encore dépasser le record de 59 victoires établi par les équipes de 1989-1990 et 2007-2008.
La formation de 2007-2008 reste aussi la dernière à avoir remporté un match de série éliminatoire à domicile et la dernière à avoir gagné une série de playoffs.
Le dernier titre de la Division centrale des Pistons remonte à l’époque où Seattle avait encore une équipe NBA, où Charlotte s’appelait les Bobcats, où La Nouvelle-Orléans comptait les Hornets et où le New Jersey avait toujours les Nets. Jalen Duren n’avait même pas 4 ans et demi lors du dernier bannière, le 28 mars 2008. Ron Holland, le plus jeune joueur actuel de l’effectif, avait encore plus de trois mois avant ses 3 ans. Côté cinéma, seuls trois films Fast & Furious étaient sortis. Depuis, on a largement eu le temps d’enchaîner les suites, les reboots et les produits dérivés, au cas où quelqu’un craignait un manque de contenu.
Au passage, l’univers cinématographique Marvel n’existait pas encore vraiment. Iron Man n’arriverait que quelques semaines plus tard. Aujourd’hui, on en est à 37 films. Les franchises aussi savent faire durer le suspense.
LeBron James, témoin involontaire du temps qui passe
Pour mesurer la distance entre 2008 et aujourd’hui, on peut aussi regarder un autre détail : LeBron James. À l’époque du précédent titre de division des Pistons, Cleveland était leur plus proche poursuivant dans la division, à 14 matchs. James avait alors 23 ans et terminait sa cinquième saison avec 10 689 points en carrière.
Mardi, avec les Lakers de Los Angeles face aux Cavaliers, il a inscrit 14 points et porté son total NBA à 43 325 points, un record.
Le chiffre est encore plus parlant si l’on compare directement les deux titres de division des Pistons : lors du sacre de 2007-2008, James comptait 10 464 points. Avant le match de mardi, il en avait 43 311. Cela signifie qu’il a marqué 32 847 points entre les deux titres de Detroit. Seuls Kobe Bryant, Karl Malone et Kareem Abdul-Jabbar ont fait mieux sur l’ensemble d’une carrière. Ce qui, dans une ligue où le temps s’étire autant que les calendriers, reste une façon bien utile de rappeler que 2008 était il y a très, très longtemps.
Prochain objectif: la première place à l’Est
Le vrai enjeu désormais, c’est le numéro 1 de l’Est. Les Pistons n’ont plus qu’un seul objectif de classement important à atteindre, et leur « magic number » pour décrocher la première place de conférence devant les Celtics de Boston est tombé à 2 mardi.
Concrètement, un revers de Boston mercredi à Miami, combiné à une victoire de Detroit jeudi à LCA contre les Timberwolves du Minnesota, offrirait aux Pistons leur premier titre de conférence en saison régulière depuis 2006-2007.
C’est potentiellement le dernier grand palier à franchir pour une équipe qui a déjà verrouillé sa division et l’avantage du terrain au premier tour.
Même sans Cade Cunningham, la machine continue
La blessure tardive de Cade Cunningham, All-Star, n’a pas ralenti Detroit. Depuis qu’il a subi un collapsus du poumon gauche le 17 mars, les Pistons affichent un bilan de 7 victoires pour 2 défaites.
Jalen Duren, également All-Star, a porté l’équipe mardi avec 31 points à 12 sur 13 au tir et 9 rebonds. Sur 20 matchs entre la pause du All-Star Game et mardi, le pivot de 22 ans tournait à 23 points, 11,1 rebonds et 66,3 % de réussite.
Il mène une équipe qui a surtout démontré sa profondeur. Lundi, contre le Thunder d’Oklahoma City, Javonte Green, Paul Reed et Kevin Huerter ont failli arracher une victoire à l’extérieur après prolongation, alors que Duren, Tobias Harris et Duncan Robinson étaient au repos, tout comme Cunningham et Isaiah Stewart.
Avec moins de deux semaines à jouer, Detroit n’a plus grand-chose à disputer, sinon la fierté et la préparation des playoffs, qui débutent le 18 avril.
Duren a résumé l’état d’esprit du vestiaire simplement: le groupe veut savourer l’instant, puis passer au suivant. Ce qui, pour une équipe qui gagne enfin des titres au lieu de collectionner les décennies, est déjà une assez bonne habitude.