Des discussions entre La Havane et Washington seraient en cours, alors même que Cuba fait face à des coupures d’électricité liées à un blocus pétrolier.

Où en sont les négociations

Le président cubain Miguel Díaz-Canel a déclaré que les échanges avec les États-Unis en sont encore à un stade préliminaire. Il l’a affirmé dans une interview vidéo diffusée par les médias d’État. Cette annonce intervient alors que le pays continue de subir des pannes d’électricité à l’échelle nationale, que La Havane attribue à un blocus pétrolier imposé par Washington.

Le rôle de Raúl Castro

Díaz-Canel a confirmé l’implication de Raúl Castro dans l’orientation des négociations. Selon lui, l’ancien dirigeant, aux côtés de responsables du parti, du gouvernement et de l’État, contribue à définir la stratégie de Cuba dans ce dialogue avec les États-Unis.

Le président cubain a insisté sur le fait que le processus sera long. Il a détaillé les étapes nécessaires : établir un canal de dialogue, construire des agendas communs, puis démontrer un engagement réel de toutes les parties. Comme il l’a expliqué, il faut d’abord créer un espace de discussion, puis aligner les intérêts avant de pouvoir avancer concrètement.

Bien que Díaz-Canel soit président depuis 2018, Raúl Castro, âgé de 94 ans, reste considéré comme la figure la plus influente du pays. Il avait déjà joué un rôle clé lors des négociations de 2014 avec Barack Obama, qui avaient conduit à la réouverture des ambassades et à la reprise des relations diplomatiques.

Pourquoi ces discussions maintenant

Cette évolution intervient après des pressions publiques de Donald Trump. L’ancien président américain a récemment déclaré qu’il aurait « l’honneur de prendre Cuba » prochainement. En janvier, il avait également menacé d’imposer des droits de douane aux pays fournissant du pétrole à l’île, tout en poussant à des changements politiques. Même si certaines déclarations ont été atténuées, Cuba affirme ne pas avoir reçu de livraisons de carburant depuis trois mois.

Impact humain : pannes et inquiétudes croissantes

La situation énergétique a entraîné de graves perturbations dans la vie quotidienne. Ces derniers jours, l’île a subi deux blackouts nationaux, laissant des millions de personnes sans électricité alors que le réseau continue de se dégrader.

  • Le coordinateur résident de l’ONU, Francisco Pichon, a mis en garde contre une possible crise humanitaire si la situation empire.
  • Les besoins financiers immédiats sont estimés à environ 94 millions de dollars pour faire face à la crise énergétique et aux dégâts causés par les ouragans de l’an dernier.
  • Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a évoqué un risque « d’effondrement » humanitaire.
  • Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a qualifié la situation sanitaire de « profondément préoccupante », notamment en raison des menaces sur les services de santé.

Et maintenant ?

Díaz-Canel a réaffirmé que tout accord nécessitera du temps et devra reposer sur des bases solides, avec des canaux de communication clairs et des objectifs partagés. Raúl Castro et d’autres figures influentes semblent jouer un rôle clé dans cette orientation, mais à court terme, la priorité reste la crise énergétique et ses conséquences sur la population.

Les organisations internationales appellent à une aide urgente pour éviter une aggravation de la situation, tandis que les échanges diplomatiques entre La Havane et Washington se poursuivent.