Des plantes qui brillent sans prise électrique

En Chine, des scientifiques travaillent à faire entrer le monde de Avatar dans le réel en créant des plantes bioluminescentes capables, à terme, de remplacer certains lampadaires. L’idée s’inspire des lucioles, ces petits insectes lumineux qui ont servi de point de départ à un projet aussi ambitieux qu’un peu trop cinéphile pour être innocent.

À la tête de cette opération, on trouve le docteur Li Renhan, fondateur de Magicpen Bio, une entreprise de biotechnologie basée en Chine. Son équipe combine des gènes de lucioles avec ceux de plantes afin de produire des sources de lumière naturelles.

Le chercheur raconte avoir grandi à la campagne, dans une famille sans beaucoup de moyens. Le soir, il n’avait guère d’autre choix que de s’allonger dans un hamac, dans la bambouseraie de son grand-père, pour se rafraîchir. C’est là, dit-il, que les lucioles venaient parfois se poser sur ses bras. Rien de tel qu’un souvenir d’enfance pour lancer une aventure scientifique à grande échelle.

Vingt espèces déjà modifiées

Magicpen Bio affirme avoir déjà créé 20 espèces de plantes lumineuses grâce à l’édition génétique. Li Renhan est diplômé d’un doctorat de l’Université agricole de Chine, où il a étudié l’édition génétique. Il a utilisé ces compétences pour modifier l’ADN de plusieurs espèces végétales et leur permettre de luire dans l’obscurité, à la manière des plantes luminescentes du film de James Cameron.

Il explique que l’objectif est de transférer dans les plantes des gènes d’animaux, comme ceux des lucioles, pour qu’elles puissent elles aussi briller la nuit.

« Nous voulons développer cette technologie pour le tourisme culturel et l’économie nocturne », a-t-il indiqué. Selon lui, imaginer une vallée entière couverte de plantes lumineuses reviendrait presque à faire descendre l’univers d’Avatar sur Terre. Le marketing, parfois, n’a pas peur de viser grand.

Une alternative aux éclairages électriques

Les plantes brillantes de Magicpen Bio ont été présentées au Forum de Zhongguancun, où des tournesols, des orchidées, des chrysanthèmes et d’autres espèces émettaient de la lumière sans aucune source d’alimentation extérieure.

Pour le docteur Li, ces plantes pourraient offrir une alternative écologique à l’éclairage électrique, souvent critiqué pour ses effets sur le sommeil et sur les processus biologiques régulés par les rythmes circadiens.

Il estime qu’elles pourraient être utilisées dans les parcs urbains, sans électricité. « Ces plantes n’ont pas besoin d’électricité. C’est un système très efficace, à faibles émissions de carbone. Elles ont seulement besoin d’eau et d’engrais. Elles permettent d’économiser l’énergie, de réduire les émissions et d’éclairer les villes la nuit », a-t-il ajouté.

Cette avancée arrive peu après qu’un ancien combattant paralysé a pu jouer à World of Warcraft en utilisant seulement son esprit, grâce à l’implant Neuralink d’Elon Musk. La science adore vraiment varier les plaisirs.