Le cinéma se fait rajeunir

Si vous pensiez que les jeunes collés à leurs téléphones tueraient les salles, surprise. En 2025, Zootopia 2 a coiffé tout le monde au poteau avec 1,86 milliard de dollars de recettes mondiales, dépassant Avatar: Fire and Ash. Dans le même registre, le live-action Lilo & Stitch a rejoint le club très select des films à plus d'un milliard de dollars.

Les petites surprises qui font du bruit

  • Iron Lung, un film minuscule autopublié par la star YouTube Mark Fischbach connu sous Markiplier, a rapporté environ 40 millions de dollars. Résultat: silence radio chez les sceptiques.
  • Scream 7, pourtant mal reçu par la critique, a démarré à 64 millions de dollars à l'ouverture, mieux que prévu et record pour la franchise.
  • Sur le créneau art et essai, Neon a placé deux films en course pour l'oscar du meilleur film: A Sentimental Value et A Secret Agent, chacun tournant entre 4 et 6 millions.

Le coupable évident: la génération Z

Les accusés sont les Zoomers, nés entre 1997 et 2012. Contre toute attente, ils aiment sortir pour voir un film en salle. Selon des sondages post-sortie, ils formaient 39 pour cent du public nord-américain en 2025, contre 34 pour cent en 2019. Les chaînes et distributeurs notent aussi une hausse d'environ 25 pour cent de la fréquentation zoomer sur les 12 derniers mois.

Ce qui change vraiment la donne, c'est que les Zoomers occupent désormais les tranches d'age clés 18-24 et 25-34, tout en remplissant la case 13-17. Conséquence immédiate: le retour en force des films classés PG. Quatre des plus gros succès de l'année étaient PG, dont Zootopia 2, Lilo & Stitch, A Minecraft Movie et How to Train Your Dragon. Et devinez quoi, les jeunes planifient leurs sorties: 40 pour cent des Zoomers déclarent avoir acheté des billets à l'avance, contre 25 pour cent avant la pandémie.

Préférences et nouvelles marques

Les goûts de la génération Z penchent vers les marques 21e siècle: jeux vidéo transformés en films, anime, créateurs YouTube et grosses animations qu'ils ont connues gamins. D'après des experts du secteur, il est essentiel que les studios misent sur ces univers plutôt que de recycler uniquement les franchises des parents.

Plateformes sociales et micro-communautés qui poussent les billets

Le bouche à oreille 2.0, c'est Letterboxd, les fancams, les memes et toute la ménagerie. Marty Supreme, le film avec Timothée Chalamet, est devenu le plus gros succès d'A24 avec plus de 274 millions de dollars. La majorité des spectateurs avaient moins de 35 ans. Letterboxd a gagné 9 millions d'utilisateurs en un an pour atteindre plus de 27 millions, et les distributeurs observent de près ces signaux pour savoir si un film va buzzer chez les jeunes.

Des labels comme Neon misent aussi sur un déploiement lent en salles: d'abord les passionnés, puis l'effet boule de neige. Ce modèle a aidé les films d'auteur à grappiller des parts de marché. Les distributeurs spécialisés ont pris environ 7 pour cent du box-office domestique en 2025, contre 4 pour cent l'année précédente.

Sortir autrement: un nouveau type de soirée

Les habitudes des jeunes ont changé. Boire moins, sortir moins en boîte, mais socialiser quand même. Les cinémas deviennent une option de sortie abordable et culturelle: soirées thématiques, avant-premières, merchandising exclusif, tout y passe. Les campagnes qui transforment un film en "événement" fonctionnent particulièrement bien, comme on l'a vu après le succès de Barbie et Oppenheimer.

La peur de rater un sujet viral joue aussi. Les Zoomers veulent être dans la conversation, et souvent ils veulent y être en premier. Les réseaux rendent l'actualité instantanée, et l'idée d'être le dernier au courant est insupportable. Résultat: billets achetés tôt et salles pleines.

Fandom, spoilers et fancams

Certains lancent des fancams, d'autres créent des montages viraux et parfois ces créations attirent l'attention des studios. Un exemple récent: une personne de 25 ans est devenue visible après qu'un montage ait accumulé des millions de vues, ce qui l'a même aidée à décrocher un job en promo. La culture cinéma n'est plus seulement regarder, c'est participer.

La génération Z ne se contente pas de regarder les films, elle les habite.

Conclusion

Résultat: le cinéma n'est pas mort, il a simplement changé d'âme. Les Zoomers redonnent des couleurs aux salles, poussent pour des films PG, adorent les marques modernes et transforment chaque sortie en contenu social. Les studios feraient bien d'écouter, ou au minimum d'arrêter de croire que les jeunes veulent seulement rester chez eux avec leur téléphone.