Le triumvirat Marvel-MCU-box-office commence à montrer des signes de fatigue. Malgré l'attente autour de sorties comme Spider-Man 4 et Avengers: Doomsday, 2025 a été la première année non pandémique depuis 2011 où un film de Marvel Studios ne figurait pas dans le top 10 des recettes mondiales. Voilà pour le constat chiffré, sans panique mais sans triomphe non plus.

Pourquoi le public se détourne un peu

Robert Kirkman, créateur d'Invincible, donne son point de vue. Selon lui, quand le MCU a démarré, la formule était complètement nouvelle et fascinante. Voici la traduction de ses propos essentiels :

« Je pense que le récit de super-héros était tellement novateur au début du MCU. Tout semblait différent et spécial. Voir Iron Man exister, puis Thor et Captain America ensemble, c'était nouveau et excitant, et ça a alimenté la machine très longtemps. Je ne dis pas qu'il y a une fatigue générale pour les super-héros, je pense plutôt que le public s'est habitué à ce modèle. Aujourd'hui, le public demande 'qu'est-ce que vous nous apportez de nouveau ?' On est dans ce mode-là maintenant. Si vous voulez faire un gros projet de super-héros, il faut qu'il soit spécial, unique, et qu'il apporte quelque chose. Être seulement un "bon" film de super-héros ne suffit plus, parce que les spectateurs ont énormément d'options. Le public est, je pense, un peu plus exigeant. »

Invincible, l'alternative qui tient sur la durée

Invincible, l'adaptation animée du comics de Kirkman sur Prime Video, propose justement quelque chose de différent : une narration qui s'étend sur plusieurs saisons, avec des menaces récurrentes plutôt que des vilains ponctuels à chaque épisode. C'est visible à travers plusieurs éléments récurrents :

  • Une invasion de sequids qui était annoncée depuis longtemps et trouve son payoff tôt dans la saison 4.
  • Les Flaxans, qui reviennent par intermittence et montent en puissance.
  • La menace viltrumite, une conquête à long terme qui pèse sur l'ensemble de la série.

Ce traitement ressemble davantage au format de la bande dessinée, avec des fils narratifs qui se déroulent sur la durée. C'est précisément ce qui, selon Kirkman, attire les spectateurs aujourd'hui : l'originalité ou un élément nouveau qui différencie un projet des centaines d'autres productions super-héroïques.

Que faut-il retenir ?

Le public n'a pas perdu l'appétit pour les histoires de super-héros, mais il est devenu plus sélectif. Les créations qui fonctionnent ajoutent quelque chose de distinctif, qu'il s'agisse d'une approche narrative, d'un ton différent, ou d'une construction sur le long terme plutôt que d'une succession d'aventures isolées.

Saison 4 d'Invincible : quand regarder

Les trois premiers épisodes de la saison 4 d'Invincible seront disponibles le 18 mars. Les fans qui cherchent un récit de super-héros plus étalé dans le temps pourront s'y retrouver.

En résumé, Kirkman voit l'évolution actuelle comme une normalisation du goût : l'effet de surprise du MCU s'est estompé, et le public demande maintenant des propositions qui se démarquent véritablement.