Une franchise tentaculaire, mais un tournage à part
Sam Worthington estime que « Avatar » fonctionne différemment des autres mastodontes hollywoodiens, notamment de l’univers Marvel. Dans un entretien accordé à The Independent, l’acteur a expliqué que la série de James Cameron ressemble, sur le tournage, à un projet bien plus libre qu’on ne l’imagine pour une franchise qui affiche pourtant 6,7 milliards de dollars de recettes mondiales après trois films.
Le premier volet, sorti en 2009, reste le film le plus lucratif de l’histoire du cinéma. The Way of Water, en 2022, occupe toujours la troisième place du classement. Autant dire qu’on parle ici d’une machine à billets qui n’a pas vraiment besoin qu’on lui tienne la main.
Moins de pression, plus de liberté
Worthington a assuré que la saga ne subit pas les mêmes contraintes que d’autres franchises majeures :
« On est différents des films Marvel, dans le sens où… quand on tourne, on a l’impression de faire un film indépendant. »
Selon lui, ni les attentes du studio, ni celles de la presse, ni celles du public ne dictent la manière dont l’équipe travaille.
« On n’a pas de pression extérieure, ni d’attentes de la presse, du studio ou de la communauté. Cela ne change rien à ce qu’on fait. C’est pour ça qu’on peut prendre plus de risques. »
L’acteur a aussi voulu tordre le cou à l’image d’un James Cameron autoritaire sur ses plateaux.
« Ce n’est pas comme si on devait absolument finir des scènes aujourd’hui sous peine de fâcher le studio. On joue, on crée. Les gens ne comprennent pas ça. Ils imaginent une énorme machine bien huilée avec Jim en réalisateur dogmatique. Ce n’est pas lui. C’est un peintre. »
Le succès de « Fire & Ash » ne garantit rien pour la suite
Le chapitre le plus récent, « Fire & Ash », sorti en salles en décembre dernier, a rapporté 1,4 milliard de dollars dans le monde. Un résultat impressionnant pour n’importe quel blockbuster, même si la baisse est nette par rapport à l’épisode précédent.
Ce recul a relancé les spéculations sur l’avenir de la saga, notamment sur les deux derniers films annoncés, « Avatar 4 » et « Avatar 5 ». Les deux titres figurent bien au calendrier de Disney, avec des sorties prévues les 21 décembre 2029 et 19 décembre 2031. Mais James Cameron a répété qu’il ne les tournerait que si la franchise continue de prouver sa rentabilité. Oui, même une saga de cette taille doit encore passer par la case "case business".
Avant la sortie de Fire & Ash, Cameron confiait à EW :
« Je ne sais pas si la saga ira au-delà de ce point. J’espère que oui. Mais nous devons prouver le modèle économique à chaque fois… Si nous ne faisons pas Avatar 4 et 5, pour une raison ou une autre, je ferai une conférence de presse et je vous dirai ce que nous avions prévu. Ça vous va ? »
Cameron pense aussi à une version roman
Le réalisateur a ajouté qu’une autre option serait de novéliser ses scripts pour Avatar 4 et Avatar 5.
« Il y a tellement de culture, de passé et de détails latéraux dans ces personnages, tout cela a déjà été élaboré. J’aimerais faire quelque chose qui atteigne ce niveau de précision granulaire. »
Dans une interview donnée à Variety à peu près au même moment, Cameron a d’ailleurs tempéré l’enthousiasme autour d’Avatar 4 :
« On va un peu trop vite. Il faut d’abord gagner de l’argent avec celui-ci. À chaque sortie, on doit prouver ce modèle économique complètement fou. Le monde a changé. On connaît tous les chiffres, on sait où en est la salle. L’année a été mauvaise. Elle commence un peu à se redresser avec quelques sorties récentes : Wicked: For Good a bien marché, et Zootopia 2 fonctionne bien. Donc, on verra. »
En résumé : « Avatar » avance avec plus de liberté que bien des franchises rivales, mais pas sans regarder le thermomètre du box-office. Hollywood adore les univers infinis. Il adore encore plus vérifier s’ils rapportent.