Si la nouvelle est confirmée, il s'agirait d'une des plus hautes pertes humaines dans ce conflit en cours.

Les autorités israéliennes déclarent avoir éliminé le brigadier-général Gholamreza Soleimani, qui dirigeait les forces paramilitaires Basij en Iran. Âgé de 62 ans, il était depuis plusieurs années la figure centrale des forces de sécurité intérieure du pays.

De la première ligne au grade de général

Gholamreza Soleimani est né en 1964 à Farsan, dans la province de Chaharmahal et Bakhtiari. Il a acquis son expérience militaire pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988), où il s'est engagé très jeune comme volontaire sur le front.

Durant ce conflit, il a participé à plusieurs offensives majeures et a servi en tant que combattant puis chef de bataillon. Il a intégré le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) en 1982.

Après la guerre, il a occupé divers postes régionaux. En 2006, il devient commandant du Saheb al-Zaman Corps dans la province d'Ispahan, une position notable puisque, pour la première fois, il dirigeait à la fois les unités Basij locales et des unités de combat formelles de l'IRGC. En juillet 2017, il est promu au grade de brigadier-général.

Sur le plan académique, les médias officiels iraniens indiquent qu'il détenait une licence d'histoire de l'université d'Ispahan et qu'il préparait un doctorat en histoire islamique de l'Iran, sans préciser l'établissement.

À la tête du Basij

Le 2 juillet 2019, le guide suprême a nommé Soleimani à la tête du Basij, force paramilitaire volontaire rattachée à l'IRGC et chargée du maintien de l'ordre intérieur via des structures locales à travers le pays. Les Basij et l'IRGC remontent à 1979, année de la révolution.

La mission officielle donnée à Soleimani incluait le « développement du Basij et de la culture de la résistance », l'expansion des groupes armés ainsi que la promotion des valeurs révolutionnaires auprès des jeunes.

Rôle dans la répression des manifestations

En tant que chef des Basij, Soleimani a souvent été déployé pour réprimer des troubles intérieurs. Les forces qu'il commandait, estimées à environ 450 000 membres, ont joué un rôle important lors de plusieurs mouvements de protestation :

  • les manifestations de 2009 connues sous le nom de « mouvement vert » ;
  • les protestations nationales de novembre 2019, où les Basij ont participé à une répression violente ;
  • les soulèvements de 2022-2023 après la mort de Mahsa Amini en garde à vue ;
  • les manifestations de janvier les plus récentes, durant lesquelles des milliers de décès ont été rapportés.

Son action à la tête des Basij lui a valu des sanctions de plusieurs pays et organisations occidentales, notamment les États-Unis, l'Union européenne, le Royaume-Uni et le Canada. En 2021, l'Union européenne l'a sanctionné en raison de l'usage de la violence létale contre des manifestants non armés.

Contexte de l'annonce et portée politique

Le ministre israélien de la Défense a aussi affirmé qu'Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, aurait été tué lors d'une frappe nocturne. Téhéran n'a ni confirmé ni démenti ces déclarations, qui, si elles sont vérifiées, représenteraient un coup majeur pour la hiérarchie politique et militaire iranienne.

Depuis le début du conflit actuel, les frappes israéliennes et américaines ont visé des structures et responsables clés, et l'attaque annoncée contre Soleimani s'inscrit dans cette logique d'affaiblissement des appareils de sécurité iraniens.

Remarques finales

S'il est avéré que Gholamreza Soleimani a été tué, sa disparition marquerait l'une des pertes les plus importantes chez les dirigeants iraniens depuis les frappes qui ont visé Ali Khamenei et ses principaux proches lors du déclenchement de la guerre le 28 février. Pour l'heure, le statut reste contesté et les éléments indépendants de confirmation font défaut.