Des images qui semblent réelles et qui se répandent très vite
Sur les réseaux sociaux, des vidéos ont l'air authentiques. Une montre des missiles exploser à l’aéroport de Tel Aviv. Une autre prétend montrer des soldats américains menacés par des militaires iraniens. Beaucoup de ces contenus sont faux. Ils sont souvent créés ou retouchés avec des outils d’intelligence artificielle, puis partagés comme s’ils racontaient la vérité.
Les vraies photos aussi se prennent des coups
Paradoxalement, des images réelles prises par des journalistes peuvent être présentées comme suspectes. La presse respectable se retrouve parfois contrainte de défendre ses clichés. Par exemple, un grand quotidien a dû préciser qu’une photo montrant une foule à Téhéran était authentique, prise le 9 mars 2026, et que l’analyse qui accusait de « duplication » était erronée et fondée sur une version repostée de l’image.
Le journal a aussi rappelé qu’il n’utilise pas l’IA pour fabriquer ou manipuler des images destinées à représenter des événements réels. Les critiques qui pointent les risques de manipulation répondent qu’ils n’affirment pas toujours une falsification, mais qu’il est raisonnable d’exiger des vérifications strictes, surtout quand des régimes autoritaires ont des motifs pour falsifier.
Trois règles simples pour ne pas participer à la contagion
David Clinch, consultant média et cofondateur de Storyful, propose trois idées pratiques pour rester lucide face à la masse d’images et de vidéos.
1. « Ne faites confiance à personne en ligne, y compris à vous-même »
Nous avons tous des idées préconçues. Si une image confirme ce que vous voulez croire, prenez du recul avant de la partager. L’envie de croire peut transformer chacun en vecteur de désinformation.
2. Cherchez des experts dignes de confiance
Il existe des spécialistes dont le métier est de vérifier les images et vidéos. Par exemple, un journaliste de la BBC publie régulièrement des threads qui expliquent comment il identifie des fabrications. Il a récemment démontré qu’une vidéo montrant une frappe sur une tour à Tel Aviv était générée par l’IA et qu’aucun incident correspondant n’avait été documenté.
Attention cependant aux faux experts ou aux outils automatisés présentés comme fiables. Tous les prétendus vérificateurs ne se valent pas.
3. Ne confondez pas un morceau de vérité avec toute la réalité
Même une image authentique ne raconte qu’une partie de l’histoire. Cherchez le contexte, l’origine, la chronologie. Posez-vous la question de ce qu’on ne voit pas dans l’image avant d’en tirer des conclusions.
Est-ce que c’est trop demander aux citoyens ?
Clinch reconnaît que demander au public de faire ce travail de vérification est injuste, mais c’est devenu une nécessité pour qui veut rester bien informé et ne pas alimenter le cycle de fausses informations.
En résumé
- Ne croyez rien d’emblée.
- Fiez-vous à des experts reconnus pour la vérification des images.
- Considérez le contexte avant de conclure ou de partager.
- Ralentissez avant de cliquer sur partager.
La désinformation visuelle progresse avec l’IA. Un peu de prudence et quelques vérifications suffisent souvent à éviter d’empirer les choses.