Les perturbations liées au conflit avec l'Iran et au blocus du détroit d'Hormuz poussent les prix du pétrole à la hausse et obligent les compagnies aériennes à revoir leurs plans. Le secteur, très dépendant du carburant, se prépare à une conjoncture potentiellement longue et coûteuse.
Ce qui se passe
Depuis le début du conflit, les prix du pétrole ont augmenté fortement, ayant doublé depuis un niveau d'environ 70 $ le baril il y a quatre semaines. Les gouvernements puisent dans leurs réserves et cherchent des solutions, mais l'incertitude reste élevée.
Les décisions de United
Le patron de United a envoyé une note interne annonçant que la compagnie travaille sur un scénario sévère. United anticipe 175 $ le baril et suppose que le prix ne redescendra pas sous 100 $ le baril avant la fin de 2027. Pour limiter l'impact, la compagnie prévoit de réduire d'environ 5 % son programme de vols au deuxième et troisième trimestres, en coupant principalement des vols hors période de pointe, comme les vols de nuit et les jours moins demandés: mardi, mercredi et samedi.
Kirby a précisé qu'il pense qu'il y a une bonne chance que la situation soit moins grave, mais qu'il vaut mieux se préparer.
Pourquoi c'est important pour l'économie
Le kérosène représente entre un quart et un tiers des coûts d'exploitation des compagnies aériennes. Des analystes universitaires notent que l'aviation consacre une part très importante de ses coûts hors salaires aux produits pétroliers raffinés, juste derrière le secteur du bitume.
Selon ces spécialistes, ce choc énergétique arrive à un mauvais moment: marché de l'emploi fragile et tensions commerciales pèsent déjà sur la croissance mondiale. Si les prix restent élevés longtemps, les risques de ralentissement économique augmentent.
Des effets déjà visibles
- American Airlines a indiqué avoir dépensé 400 millions de dollars supplémentaires pour le carburant.
- Plusieurs compagnies signalent une demande robuste ces dernières semaines. United a enregistré ses recettes de réservation les plus élevées sur dix semaines.
- Il est toutefois difficile de savoir si cette demande reflète un vrai enthousiasme pour voyager ou si les passagers ont anticipé la hausse des prix et réservé tôt pour se couvrir.
Face à la situation, les dirigeants disent qu'ils resteront flexibles sur les capacités afin d'ajuster l'offre à la demande si les prix du pétrole persistent à un niveau élevé.
Et maintenant?
Des experts en opérations aériennes préviennent que plus l'incertitude dure, plus il sera difficile pour les compagnies de s'adapter. Les décisions prises aujourd'hui — réduction de vols, ajustements de capacité, achats supplémentaires de carburant — visent à protéger la rentabilité à court terme, mais elles pourraient aussi modifier l'offre de transport et les prix pour les passagers.
En résumé, les compagnies aériennes ne prennent pas de risques: elles se préparent à gérer des prix du pétrole beaucoup plus élevés pendant une période prolongée, et cela peut signifier moins de vols ou des prix de billets plus hauts si les prévisions se confirment.