Un contrôle qui tourne mal

Les images de caméra-piéton diffusées par la police montrent Tiger Woods après son accident de voiture survenu la semaine dernière en Floride. Le golfeur y apparaît manifestement surpris au moment où il est menotté, après avoir échoué à un test de sobriété. La routine administrative, dans sa version la moins flatteuse.

Selon ces images, Woods a sorti son téléphone et a dit à un adjoint du shérif : « Je parlais juste au président. » L’appel lui-même n’apparaît pas dans la vidéo, mais on l’entend dire « Merci beaucoup » avant de raccrocher, au moment où l’agent s’approche. On ne sait pas s’il faisait référence à Donald Trump, dont l’ancienne belle-fille, Vanessa Trump, fréquente le golfeur.

Peu après son arrestation, le 27 mars, Trump a été interrogé à ce sujet par des journalistes. Il a répondu : « Je suis très peiné. Il traverse des difficultés. C’est un ami très proche. C’est une personne incroyable. Un homme incroyable. Mais il traverse des difficultés. » La Maison Blanche n’avait pas réagi immédiatement à une demande de commentaire sur un éventuel échange entre Trump et Woods après l’accident.

Ce que montrent les images

Les séquences diffusées montrent aussi Woods semblant étonné lorsqu’il est menotté. Une vidéo prise depuis l’arrière de la voiture de patrouille le montre ensuite en train de hoqueter, bâiller et, à plusieurs reprises, sembler s’assoupir pendant le trajet de 15 minutes.

Woods a expliqué à la police qu’il regardait son téléphone et changeait de station de radio lorsque son Land Rover, qui roulait trop vite, a heurté l’arrière d’un camion avant de se renverser sur une route résidentielle de Jupiter Island. Personne n’a été blessé.

Avant son arrestation, alors qu’il était agenouillé sur une pelouse, il a déclaré à un agent : « J’ai baissé les yeux sur mon téléphone, et tout à coup, boum. »

Le test sur le bord de la route

Sur les images, l’adjointe du shérif du comté de Martin, Tatiana Levenar, fait passer à Woods un test de sobriété et lui dit :

« Je pense clairement que vos facultés normales sont altérées, et vous semblez être sous l’effet d’une substance inconnue. À ce stade, vous êtes arrêté pour conduite sous l’emprise de l’alcool ou de drogues. »

Woods répond : « Je suis arrêté ? »

« Oui, monsieur », dit Levenar.

Après avoir menotté Woods, la police fouille ses poches et y trouve deux comprimés blancs.

« C’est du Norco », dit Woods après qu’un agent a sorti les pilules, en référence à un antidouleur contenant de l’acétaminophène et l’opioïde hydrocodone. Les autorités confirmeront plus tard qu’il était en possession d’hydrocodone.

Dans la vidéo, Woods dit aussi à Levenar qu’il n’a pas bu d’alcool et qu’il a pris « quelques » médicaments plus tôt dans la journée. Dans l’enregistrement publié, ses propos sont partiellement étouffés lorsqu’il décrit certains de ces médicaments.

Au complexe du bureau du shérif, une fois escorté dans la « salle DUI », où les conducteurs sont testés pour déterminer s’ils sont sous influence, Woods aurait déclaré : « Je ne suis pas ivre. Je prends un médicament sur ordonnance », selon un rapport complémentaire rendu public jeudi.

La suite de la procédure

Âgé de 50 ans, Woods a plaidé non coupable mardi au soupçon de conduite sous influence. Il a publié le soir même un communiqué indiquant qu’il se retirait pour une durée indéfinie « afin de suivre un traitement et de me concentrer sur ma santé ».

Il a accepté un alcootest qui n’a révélé aucune trace d’alcool, mais il a refusé un test urinaire, ont indiqué les autorités. Depuis une modification de la loi floridienne l’an dernier, le refus d’un test d’haleine, de sang ou d’urine demandé par un agent constitue une infraction mineure, y compris pour une première contravention.

Pendant le test de sobriété, les adjoints ont remarqué que Woods boitait et portait une chaussette de compression au genou droit. Il leur a expliqué avoir subi sept opérations du dos et plus de 20 interventions chirurgicales à la jambe droite, et que sa cheville se bloque quand il marche.