Carlo Nordio a pris la parole après le résultat du référendum et n’a pas cherché d’alibi : la réforme porte son nom, il en assume la responsabilité politique, et il reconnaît des erreurs, notamment dans la communication.

La réforme et la responsabilité

Nordio a répété qu’il assume pleinement la paternité politique de la réforme. Il admet des défauts dans la manière dont le projet a été présenté, et dit que si des maladresses de communication ont existé, elles sont aussi les siennes.

L'ANM, la gagnante imprévue

Selon le ministre, la grande gagnante du scrutin est l’Association nationale des magistrats, l’ANM. Il estime que :

  • l’ANM aura désormais un pouvoir de négociation renforcé ;
  • ce groupe pourrait se comporter comme un acteur politique atypique et s’opposer aux gouvernements ;
  • la gauche en prendra note, puisque tôt ou tard elle gouvernera aussi et devra composer avec cette nouvelle réalité ;
  • au sein de la coalition, une lutte interne pour revendiquer la « victoire » est probable.

Le cabinet et les critiques internes

Interrogé sur la position de la cheffe de cabinet du ministère, Giusi Bartolozzi, Nordio a déclaré que sa position n’est pas en jeu. Il a estimé que les remarques venues de son propre ministère et celles venues d’autres composantes de la coalition s’équilibrent, et que l’excès de polémique n’a pas eu un impact déterminant.

Pas de représailles judiciaires, dit l’ex-magistrat

Nordio a exclu catégoriquement l’hypothèse de représailles techniques de la part de la magistrature - c’est-à-dire l’ouverture d’enquêtes ciblées contre les promoteurs de la réforme. En tant qu’ancien magistrat, il connaît ses collègues et juge « sacrilegue » l’idée d’instrumentaliser la justice pour frapper les vaincus. Il a qualifié cette vision de presque irréaliste.

L’affaire Delmastro

Sur la controverse entourant le sous-secrétaire Delmastro, Nordio se montre confiant que les faits seront éclaircis. Il a défendu l’idée qu’un contact public ou une poignée de main lors d’un événement de campagne ne vaut pas une preuve de collusion. Il a ajouté qu’il ne connaît pas encore tous les éléments liés à la société évoquée dans l’affaire, que l’Antimafia s’en occupera et que, connaissant Delmastro, il pense à des excès de communication plutôt qu’à des liens mafieux.

Pourquoi les sondages ont échoué

Nordio a pointé les sondages qui ne tiennent pas toujours leurs promesses. Avant le vote, on supposait que plus d’affluence favoriserait le « oui ». Le résultat a montré le contraire. Il a expliqué que son camp avait consacré des efforts à mobiliser ses électeurs pour aller voter.

Il a précisé ne pas avoir parlé directement avec la Premier ministre, mais avec des collègues de parti, et qu’ils s’accordent sur la ligne tenue par la cheffe du gouvernement. Il a ajouté qu’il ne recherche pas de boucs émissaires : les défaites politiques doivent être prises en compte et abordées avec calme pour continuer le travail.

Reconnaissance d’erreurs de communication

Nordio a reconnu plusieurs erreurs, surtout sur la manière dont la réforme a été présentée. Il a expliqué que la phrase la plus controversée, concernant un prétendu « système mafieux », n’était pas une affirmation formulée par lui, mais la citation d’un magistrat. Cette phrase lui a été attribuée, a déclenché une grande polémique, et même de fortes démentis n’ont pas réussi à l’arrêter. Pour lui, c’est une dynamique de la vie politique, difficile à surprendre.

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