Des coupes qui font tousser au Pentagone

Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a poursuivi la réduction des équipes chargées de limiter les dommages aux civils, malgré une forte opposition des hauts gradés militaires. Cette contestation, qui n'avait pas été révélée auparavant, montre une vraie tension entre les officiers supérieurs et le leadership civil sur les règles d'engagement en combat.

Ce qui a été supprimé

  • Les bureaux centraux et les cellules similaires dans les états-majors des commandements de combat ont été réduits de plus de 90 pour cent.
  • Au Centcom, la branche qui examinait les dommages potentiels aux civils est passée de 10 personnes à 1.
  • Le Joint Special Operations Command a supprimé entièrement son bureau chargé des dommages aux civils.

Des responsables au sein des opérations spéciales, à l'époque dirigées par le vice-amiral Frank Bradley, avaient exprimé leur désaccord avec ces coupes.

Des objections restées sans effet

Plusieurs responsables ont tenté de bloquer ou d'atténuer la démarche. Parmi eux, le général Michael Kurilla a envoyé un mémo classifié au sein de la chaîne de commandement du Pentagone pour s'opposer aux réductions. Kurilla est ensuite devenu l'un des responsables du département pour les frappes américaines visant le programme nucléaire iranien en juin 2025.

Pourtant, la décision est passée. Le Pentagone affirme que ces bureaux font l'objet d'une "réévaluation stratégique" pour préparer une réorganisation future et intégrer ces fonctions directement dans les commandements de combat. Le département dit reconnaître l'importance de la mitigation des dommages aux civils et se dit confiant dans la capacité des forces à frapper avec précision tout en minimisant les victimes civiles.

Contexte explosif

Les coupes interviennent alors que des rapports préliminaires suggèrent qu'une frappe liée à l'opération conjointe américano-israélienne a peut-être touché une école primaire, causant la mort de plus de 170 élèves. Cette frappe, survenue près d'une base du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est présentée comme l'une des plus meurtrières pour des civils depuis des décennies et a relancé les critiques contre la direction du Pentagone.

Des élus démocrates ont demandé la démission de Hegseth. Les tensions internes au Pentagone pourraient s'intensifier à mesure que les enquêtes avancent et que d'autres détails émergent.

Ressources, erreurs et conséquences

Un ancien responsable, Bryant, a résumé le raisonnement des opposants aux coupes: quand on cause moins de dégâts aux civils, cela signifie souvent qu'on consacre ses moyens à atteindre de véritables cibles ennemies. Il a ajouté que traquer quelqu'un pendant des semaines pour finalement constater qu'il s'agissait d'un travailleur humanitaire représente un énorme gaspillage de temps, d'argent et de munitions.

Par ailleurs, Hegseth a aussi annoncé des réductions supplémentaires parmi les avocats militaires conseillant les commandants sur la légalité des opérations, connus sous le nom de judge advocate generals. Il avait déjà licencié de nombreux avocats de l'Armée, de la Marine et de l'Armée de l'air lors des premiers jours de l'administration.

Guerre, pertes et montées en puissance

La confrontation avec l'Iran entre dans sa troisième semaine sans date de fin claire. Hegseth a affirmé que le nouveau dirigeant iranien, Mojtaba Khamenei, était "blessé et probablement défiguré" et a présenté le conflit comme en grande partie contenu. Il a aussi déclaré que l'effort iranien pour bloquer le détroit d'Hormuz était pris en charge et a juré une ligne dure envers l'ennemi.

Le Pentagone renforce ses forces au Moyen-Orient. Des Marines et des navires de guerre supplémentaires ont été déplacés depuis le Pacifique, et doivent arriver dans les jours qui viennent, selon un responsable de la défense. La montée en puissance suit aussi un accident mortel: un avion ravitailleur américain est entré en collision avec un autre appareil dans l'ouest de l'Irak, entraînant la mort de six militaires américains. Au total, au moins 13 soldats américains ont péri dans le conflit, et, selon l'ambassadeur d'Iran auprès de l'ONU, plus d'un millier d'Iraniens auraient été tués.

Perspectives internes

Plusieurs voix au sein du Pentagone continuent de soutenir la nécessité de structures dédiées à la protection des civils. Bryant a indiqué que ce n'est pas une petite faction qui défend ces bureaux. Il a aussi rapporté que certains responsables ont qualifié les notions de "protection des civils" de concept politiquement biaisé, ce qui a contribué à leur suppression.

Les débats internes sont loin d'être clos. Entre la critique publique, les pertes sur le terrain et les réorganisations internes, le Pentagone reste un théâtre d'alliances changeantes et de décisions aux conséquences lourdes.