Crimson Desert est un jeu qui se bat contre lui-même. Parfois il éblouit, parfois il épuise. Si vous acceptez de laisser de côté l'histoire et de chercher ce qui vous amuse dans son monde, vous trouverez un bac à sable vaste et souvent merveilleux. Si vous voulez une narration serrée et polie, passez votre chemin.
Points positifs et négatifs
- + Combat contre des groupes d'ennemis qui fonctionne super bien
- + Univers immense et très réussi visuellement
- + Explorer rapporte et surprend souvent
- - Histoire difficile à suivre et peu engageante
- - Boss souvent excessivement difficiles
- - Mécaniques parfois bâclées ou incohérentes
Faits rapides
Date de sortie: 19 mars 2026
Plateformes: PC, PS5, Xbox Series X/S
Développeur: Pearl Abyss
Éditeur: Pearl Abyss
Un monde qui en veut beaucoup
Pywel, le monde de Crimson Desert, est une caisse à outils pleine d'activités. Le jeu propose pratiquement tout ce que l'on peut imaginer: vol de bétail, gestion d'affaires, fabrication de teintures, infrastructures civiles, minage, chasse aux primes, pilotage de mechs, lutte de type sumo, commerce, résolution d'énigmes, décoration intérieure, capture d'insectes, gestion d'entreprise, artillerie de siège, enquêtes, collection de recettes et même porter un porc-épic vivant en haut d'une montagne si l'envie vous prend. Et ce n'est pas exhaustif.
Le titre s'inspire ouvertement de nombreuses références: on retrouve des éléments qui rappellent The Legend of Zelda: Breath of the Wild pour les énigmes et la traversée, The Witcher 3 pour le ton et la quantité de contenu, Dragon's Dogma pour l'escalade d'ennemis, ainsi que des touches de Assassin's Creed Valhalla, God of War 2018 et Red Dead Redemption 2. On sent aussi l'influence de GTA V sur l'idée de personnages jouables multiples.
Le combat, la vraie réussite
Où le jeu brille franchement, c'est dans les affrontements contre de grands groupes. Les enchaînements deviennent satisfaisants quand on débloque des prises, des projections et des techniques de lutte. Il est possible de foncer dans un camp ennemi, plaquer un garde, attraper un autre par la nuque et le projeter si fort qu'une tour s'effondre. C'est brutal, viscéral et souvent très amusant.
Mais la discipline manque. Les jeux qui ont inspiré Crimson Desert étaient grands et raffinés. Ici certaines idées n'ont pas été suffisamment testées ou polies. Le résultat est un mélange de moments géniaux et de passages laborieux.
Quand la fantaisie rattrape la réalité
Plusieurs promesses du marketing, comme les combats en mech, le vol sur dragon ou l'escalade d'ennemis façon Dragon's Dogma, existent, mais elles n'apparaissent majoritairement qu'en fin de partie. Attendez-vous à patienter environ cinquante heures au minimum pour voir ces éléments.
Des soucis pratiques viennent gâcher l'expérience parfois: les combats de boss ont des pics de difficulté incohérents et ne semblent pas préparés par le combat ordinaire. L'inventaire est trop petit pour la quantité d'objets à ramasser, il n'y a pas de coffre de base pour déposer du butin, la caméra peut mal se comporter au pire moment, et beaucoup de défis se résolvent en spammant des consommables de soin. Les énigmes sans points de retour peuvent faire perdre plusieurs minutes pour revenir au départ.
Mécaniques et progression brouillonnes
Plusieurs mécaniques sont mal gérées. Vous pouvez débloquer des capacités avant d'avoir l'endurance ou le mana nécessaires pour les utiliser, ce qui rend l'amélioration inutile jusqu'à des heures plus tard. Des systèmes sont mal expliqués et oubliés pendant de longues périodes. Des personnages jouables arrivent, mais s'intègrent peu au gameplay et n'apportent pas toujours ce qu'il faudrait pour résoudre certains puzzles ou explorer correctement.
Une histoire qui n'entraîne pas
Le scénario suit Kliff, ancien commandant des Greymanes, qui cherche à réunir son groupe après une attaque initiale. Kliff a l'arc narratif classique du héros blessé puis sauvé, avec des détours impliquant des dieux et des pouvoirs surnaturels. Sauf que la narration est souvent vague. Les conflits apparaissent puis disparaissent sans suite, les personnages restent en surface et les dialogues manquent de nuance. Le ton veut être rugueux et réaliste mais la plume sonne parfois juvénile. Résultat: on peine à s'investir.
Kliff lui-même est peu curieux et rarement intéressant. Face à des scènes qui pourraient inspirer de l'étonnement ou de l'émotion, il réagit de façon utilitaire. Si le protagoniste ne s'émerveille pas, difficile de le faire à sa place.
Pourquoi j'y suis revenu
Ma première impression n'était pas bonne: histoire confuse, mécaniques approximatives et bosses énervantes. Pourtant, après plus de quatre-vingts heures, j'ai commencé à vraiment attendre mes sessions de jeu. Pourquoi? Parce qu'on apprend à contourner les défauts, à ignorer certains systèmes et à se concentrer sur ce qui marche.
En chemin, j'ai trouvé du charme: routes qui mènent à des rencontres improbables, donjons et puzzles stimulants, et un monde d'une grande beauté. On peut laisser la quête principale de côté, partir à cheval ou à pied et tomber sur des créatures ou des lieux étonnants. L'exploration devient souvent plus gratifiante que l'histoire principale.
À qui s'adresse Crimson Desert
- Aux joueurs qui veulent un monde vaste et rempli d'activités
- À ceux qui aiment bricoler dans un bac à sable et ignorer la trame principale
- À ceux qui acceptent quelques mécaniques imparfaites pour des moments très forts
En résumé, je recommande Crimson Desert si votre priorité est l'exploration et la liberté plutôt que la narration serrée. Le jeu a des moments d'éclat et un univers qui peut vous captiver, mais il reste pénalisé par des boss mal calibrés, une écriture inégale et des systèmes parfois négligés.
Note sur le test: Crimson Desert a été testé sur PC avec un code fourni par l'éditeur.